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Une histoire fondatrice

Un Cyber-shot en 2002, un étal de marché, un prototype créé par accident et le long chemin du retour au bureau de tri.

DR Daniel Robinson · 15 juillet 2026 · 5 min
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Detailed full moon against a black sky
Le long chemin du retour au bureau de tri.

Les plus anciennes photographies numériques de mes archives datent de septembre 2002. L’appareil indiquait simplement son modèle dans le fichier : CYBERSHOT — l’un de ces premiers Sony plats qui semblaient venir du futur et produisaient, pour leur époque, de magnifiques images. J’aimais photographier les ruisseaux, les fleurs, la nature — tout ce qui acceptait de rester immobile assez longtemps. J’avais quatorze ans. Pour financer l’appareil suivant que je convoitais, je vendais des cartes de vœux sur le marché local.

Cet appareil suivant était un Sony F828 — celui au boîtier bizarrement articulé et, pour son époque, doté de capacités impressionnantes. J’ai fini par y arriver. Je me souviens surtout l’avoir dirigé vers le ciel : de longues poses patientes du ciel nocturne, une forme assez primitive d’astrophotographie, en attendant de voir ce que le capteur avait capturé et que mes yeux ne pouvaient pas voir.

Je ne suis pas devenu photographe professionnel. Je suis devenu ingénieur logiciel. Les deux n’ont jamais vraiment cessé de se croiser.

Un prototype créé par accident

Des années plus tard, je vivais à Montréal — j’avais rencontré quelqu’un de là-bas pendant un voyage, et j’y étais resté, pour elle et pour une ville qui débordait d’une énergie créative supérieure à tout ce que j’avais connu ailleurs. Je me reconvertissais dans le développement web et je me suis donné un premier véritable projet personnel : construire quelque chose de réel, de bout en bout. L’application que j’ai choisi de créer s’appelait Stockify. Son README la décrit en une ligne : ajouter rapidement des tags aux photos indésirables d’une collection et les supprimer. Les touches fléchées pour sélectionner et rejeter. Une grille pour parcourir les images. La suppression groupée des rejets.

Mon premier acte en tant que développeur logiciel a été de créer une application de tri. Il m’a fallu encore dix ans pour comprendre que le rêve était toujours là.

Narrative

L’indice devenait plus évident. J’ai passé deux ans chez Narrative, à travailler sur un logiciel de tri utilisé par des photographes professionnels partout dans le monde. J’ai beaucoup de respect pour ce que cette entreprise a accompli — James Broadbent, photographe de mariage qui avait lui-même vécu le problème, a plus ou moins créé la catégorie du tri par IA avec Narrative. Ce travail m’a appris à quel point le problème est profond pour les photographes qui enchaînent les shootings : le tri n’est pas une gêne marginale. C’est la taxe de chaque mariage, de chaque événement, de chaque séance — des milliers d’images entre le shooting et l’œuvre.

Un retour aux sources

Quelques années plus tard, au moment de décider de la suite, je revenais toujours à la même réponse : j’aimais trop travailler sur des logiciels photo pour faire autre chose. Je suis donc revenu au point de départ — l’enfant avec son Cyber-shot, le développeur web et son prototype aux touches fléchées — et je me suis mis à construire un outil de tri dont je n’aurais pu que rêver vingt ans plus tôt, avec tout ce que j’avais appris entre-temps. Une fois commencé, je n’ai plus pu m’arrêter.

La référence

La promesse de Cullibrate, c’est une vitesse qui se ressent, et ce genre de vitesse n’est pas une fonctionnalité que l’on ajoute — c’est une discipline que l’on entretient. Au début, j’ai passé deux semaines à lancer des centaines d’expériences sur des milliers d’images, en mesurant les temps de chargement par rapport à ce que le matériel pouvait théoriquement accomplir, puis en réduisant l’écart. La première chose qu’un ami m’a dite en l’essayant : "ça s’est chargé instantanément". C’est le sceau d’approbation que je recherchais.

Voilà le plan, dit simplement : mettre une carrière d’ingénierie de précision au service de l’art photographique — au service du travail peu glamour, effectué à chaque shooting, qui s’interpose entre les photographes et leurs meilleures images. L’enfant de l’étal de marché aurait surtout voulu savoir si le logiciel se chargeait rapidement. C’est le cas.

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Écrit par

Daniel Robinson

Fondateur de Cullibrate